Les dérives de la pratique de l’euthanasie en Belgique

Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, correspondant)

 

Eutanasie_24_ans

Lettre de Bruxelles. C’est peut-être parce que le témoignage était à ce point bouleversant et dérangeant que le quotidien flamand De Morgen, qui l’a publié, l’a noyé au milieu de son supplément du samedi 20 juin. Illustré seulement d’un dessin très sobre : une porte qui s’entrouvre sur la boîte crânienne d’un personnage aux yeux clos et un petit clone qui s’en échappe. C’est « le monstre » dont parle Laura, celui que, dit-elle, elle a dans le corps depuis sa plus tendre enfance et qui veut en sortir, provoquant chez elle « une énorme source d’agressivité, de colère et de douleur, que rien ne peut guérir ».

La jeune femme habite la Flandre occidentale, est âgée de 24 ans à peine et sera morte avant la fin de cet été. Laura, décrite par la journaliste Simone Maas comme « calme, équilibrée, sûre d’elle » et en bonne santé physique, a introduit une demande d’euthanasie parce qu’elle se dit victime d’une souffrance psychique intolérable. Elle raconte qu’elle songe à la mort depuis la maternelle. Raconte son envie d’utiliser une arme alors qu’elle n’avait que 6 ans, ses automutilations, ses tentatives de suicide. Et cette dépression constante qu’elle a tenté de guérir en se faisant volontairement interner. « Ma vie est un combat depuis ma naissance. Quotidien. Certains jours, je me traîne littéralement de seconde en seconde. Mes 24 ans ont donc été une éternité. » Et maintenant qu’elle sait qu’elle ne vivra pas au-delà de l’été, elle confie : « Je suis délivrée d’un…

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